L'IA et le PIB : qui prendra l’avance, qui restera derrière ?

Qui se positionnera en tête et quel sera le prix à payer ? L'économie change et c'est maintenant le temps de saisir l'opportunité.

 

📌 TL;DR

Cette semaine dans l’infolettre :

  1. Où l’IA s’installe vraiment (US, Europe, Asie et pays émergents) et pourquoi certains prennent une avance décisive.

  2. Quel impact aura l'intelligence artificielle sur les PIB (+12 à 13 % d’ici 2040 selon l’OMC).

  3. Et surtout : où se situe le Canada, et comment votre entreprise peut en bénéficier.

Introduction éditoriale

Bonjour à tous,

On entend chaque jour que l’IA “va” transformer l’économie. La réalité ? Elle la transforme déjà. Pas avec des grands titres, mais par petites touches qui changent nos façons de travailler : des rapports générés sans friction, des suivis clients automatisés, des décisions mieux appuyées par vos données.

Et surtout, un écart grandissant entre ceux qui en parlent… et ceux qui déploient avec méthode.

Aux États-Unis, en Europe, en Asie — partout, l’adoption avance, mais pas au même rythme. Les gouvernements annoncent des plans (au Canada aussi en passant), les grandes entreprises débloquent des milliards… pendant que beaucoup de PME se demandent encore par où commencer.

👉 La vraie bataille n’est pas dans les annonces spectaculaires, mais dans la capacité à intégrer l’IA concrètement dans ses opérations et à la transformer en productivité mesurable.

Soyons francs : aujourd’hui, la compétitivité de votre entreprise ne repose plus sur la taille de votre équipe, mais sur la qualité des systèmes intelligents qui amplifient leur travail.

Dans cette édition, on prend un pas de recul pour voir où en est l’adoption de l’IA à l’échelle internationale, quel est l’impact attendu sur le PIB… et surtout, où se situe le Canada dans cette course.

Et où vous vous situez.

Le monde avance… mais pas au même rythme

L’adoption internationale de l’IA est loin d’être uniforme.

Aux États-Unis, les investissements privés explosent. Les data centers et l’industrie des puces propulsent déjà la croissance, même si les chiffres du PIB officiel n’en captent pas encore toute l’ampleur. L’économie vit déjà l’effet IA, mais les statistiques courent derrière la réalité.

En Europe, le contraste est frappant : seulement 13,5 % des entreprises utilisent l’IA en 2024. Le Danemark tire son épingle du jeu avec près de 28 % d’adoption, mais dans d’autres pays, on reste sous les 10 %. L’AI Act trace un cadre, mais les PME peinent encore à suivre faut de confiance ou bien d’accompagnement d’experts. 😉

En Asie, la cadence est complètement différente. Chine, Singapour, Corée : tout s’accélère en parallèle. Israël domine en usage par habitant, et l’Australie comme la Nouvelle-Zélande montent rapidement en puissance. Ici, l’IA n’est pas un débat, c’est une évidence.

Dans les pays émergents, enfin, le potentiel est immense, mais repose sur une variable simple et cruciale : l’infrastructure numérique. La volonté d’adopter est là, mais sans connexion fiable et sans outils adaptés, l’écart de productivité risque de se creuser.

Adoption de l’IA : Pays avancés vs Pays en retard

Critère

Pays avancés (US, CAD, Asie, Nordiques)

Pays en retard (Europe du Sud, émergents)

Adoption entreprise

25–30 % des entreprises utilisent déjà l’IA (Danemark ~28 %, US grandes entreprises)

10–13 % seulement (France, Italie, Brésil, Afrique)

Investissements

Massifs (US : 109 G$ en 2024 en IA privée)

Limités par manque de capital et d’infrastructure

Infrastructure

Data centers, semi-conducteurs, cloud hyperscale déjà en place

Connexion limitée, dépendance aux solutions externes

Impact PIB projeté

+7 à 10 % du PIB sur 10 ans (JP Morgan, 2025)

+3 à 5 %, si rattrapage numérique et diffusion tardive

Talents & compétences

Forte concentration de chercheurs, hubs IA (Boston, Tel-Aviv, Singapour)

Manque de formation, dépendance à l’expertise externe

Risque économique

Domination accrue, capture des gains de productivité

Décrochage compétitif si adoption lente

L’impact sur le PIB : quelles estimations prendre au sérieux ?

Après mes lectures, les chiffres diffèrent selon les études, mais une chose est certaine : l’IA s’impose comme un moteur économique majeur. La question n’est pas de savoir si elle aura un impact, mais plutôt à quelle vitesse, et surtout à quelles conditions.

L’Organisation mondiale du commerce estime qu’à l’horizon 2040, l’IA pourrait ajouter 12 à 13 % au PIB mondial. 😯

Mais ce scénario repose sur une condition cruciale : que les pays émergents comblent leur retard numérique. Sans cela, l’écart entre économies avancées et en développement ne ferait que s’élargir.

Chez JP Morgan, les projections parlent d’un potentiel allant jusqu’à 10 000 milliards de dollars de gains sur une décennie, soit près de 10 % du PIB mondial. McKinsey, de son côté, avance une estimation plus annuelle : entre 2,6 et 4,4 trillions de dollars de valeur capturable chaque année grâce à l’IA générative.

Enfin, l’équipe du Penn Wharton Budget Model se montre plus prudente : l’IA ne serait pas un “miracle instantané”, mais plutôt un palier supérieur de productivité.

Concrètement, on parlerait d’un +1,5 % de PIB d’ici 2035, et d’environ 3 % d’ici 2055.

👉 Ce qu’il faut retenir, c’est que la valeur existe, mais elle n’est pas automatique. Elle dépend directement de la gouvernance, de la formation, et surtout de la capacité des entreprises à relier l’IA à leurs vrais indicateurs d’affaires.

Et le Canada dans tout ça ?

Ici, l’usage a pris une longueur d’avance sur la gouvernance. 46 % des travailleurs utilisent déjà la GenAI, contre seulement 22 % l’an dernier. Et 65 % s’en servent chaque semaine. Pourtant, à peine une entreprise sur trois s’est dotée d’une politique claire pour encadrer cet usage.

Au Québec, la dynamique est encore plus frappante : 76 % des organisations déclarent avoir adopté sommairement la GenAI, et près d’une sur deux l’a déjà intégrée au cœur de ses opérations. C’est un signal fort. L’appétit est là, le talent aussi. Ce qui manque maintenant, c’est la structure : des pratiques solides en matière de données, de sécurité, de responsabilités et de mesure du ROI.

En conclusion

Le vrai débat n’est plus “faut-il adopter l’IA ?”. Il est de savoir comment l’encadrer intelligemment pour en tirer un avantage compétitif durable. Les pays et les entreprises qui investissent dans les infrastructures, les talents et la gouvernance capteront l’essentiel des gains. Les autres, eux, risquent de voir l’écart se creuser.

Au Canada, et particulièrement au Québec, l’usage est déjà là. Reste à aligner politiques, outils et formation pour transformer ce momentum en productivité mesurable — la productivité que vos équipes ressentent concrètement, semaine après semaine.

On se reparle la semaine prochaine.


Cheers,
Marcan

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