Quartier AI : Ce que 7 mois sur le terrain nous ont appris sur l’IA en entreprise

Votre croissance avance... mais vos outils fragmentés freinent encore votre productivité ?

 

📌 TL;DR

Cette semaine dans l’infolettre :

  1. Qu’est-ce qu’un ERP… et pourquoi les solutions actuelles freinent encore vos opérations.

  2. Nos constats “terrain” après plus de 100 rencontres avec des dirigeants.

  3. Les secteurs à risque de retard (santé, juridique, gouvernement).

  4. Pourquoi l’avenir appartient aux PME qui optimisent en continu, pas à celles qui font un “big bang technologique”.

Introduction éditoriale

Bonjour à tous,

Quartier AI vient de franchir ses 7 mois d’existence. Et honnêtement ? On était trop dans le jus pour le réaliser : déploiements clients, développement techno, discussions avec des dizaines de dirigeants chaque semaine.

Mais ce cap a été une belle occasion de prendre un pas de recul. En plus de 100 rencontres avec des entreprises de toutes tailles et secteurs — construction, manufacturier, finance, santé, juridique, tourisme… — un constat se répète :

👉 Tout le monde parle d’IA, mais très peu d’entreprises savent réellement comment l’intégrer efficacement dans leurs opérations.

L’intelligence artificielle est sur toutes les lèvres. Les dirigeants savent que ça peut transformer leurs opérations. Mais sur le terrain, ce n’est pas aussi simple. Entre les systèmes lourds, l’avancement phénoménal de la technologie, la peur du changement et le manque de temps, l’adoption reste fragmentée.

Et c’est là que la vraie bataille se joue. La compétitivité des PME ne repose plus sur le nombre d’employés, mais sur la qualité des systèmes qui amplifient leur travail.

Débutons avec ce qu’est un ERP qui est, en fait, l’intelligence opérationnelle des entreprises.

Un ERP (Enterprise Resource Planning, ou progiciel de gestion intégré) est censé être la colonne vertébrale numérique d’une entreprise.

Concrètement, comme vous le savez, il centralise vos fonctions clés :

  • Finances et comptabilité

  • Ressources humaines

  • Inventaire et logistique

  • Ventes et relation client

  • Production et opérations

Sur papier, tout devient plus simple : un seul système, une seule ‘‘source de vérité’’. (hallelujah)

Mais dans les faits, ça fonctionne rarement comme prévu.

La majorité des ERP traditionnels (mais utilisé aujourd’hui) sont rigides, coûteux et mal pensés pour l’utilisateur. Beaucoup d’entreprises n’exploitent que 40 à 50 % de leur potentiel, faute de temps, de formation ou de ‘‘convivialité’’.

Résultat : l’outil devient une contrainte plutôt qu’un levier.

Avec l’arrivée de l’intelligence artificielle, l’ERP ne peut plus se limiter à centraliser l’information. Il doit être capable :

  • D’apprendre de vos processus réels,

  • D’anticiper vos besoins opérationnels,

  • De s’adapter en continu à l’évolution de votre entreprise.

Bref : un ERP moderne ne doit pas seulement stocker vos données, il doit créer de l’intelligence opérationnelle à partir de celles-ci.

ERP : Traditionnel vs nouvelle génération (IA-native)

Critère

ERP Traditionnel

ERP IA-native

Architecture

Rigide, modules fixes

Flexible, évolutif, connecté

Adoption

Faible (70 % des projets échouent – Forrester, 2024)

Forte : UX simple, adoption rapide

Mise à jour

Rare, coûteuse

Continue, cloud

Données

Stockées mais peu exploitées

Analysées en temps réel, recommandations

Productivité

Gains limités

+20 à 30 % (McKinsey, 2024)

👉 L’ERP traditionnel est une colonne vertébrale.
👉 L’ERP IA-native est un système nerveux intelligent.

Maintenant, en dehors d’expliquer ce qu’est un ERP, passons aux constats terrain :

1. Les secteurs réglementés vont prendre du retard

Dans la santé, 70 % des hôpitaux canadiens utilisent encore des systèmes vieux de plus de 10 ans (ICIS, 2024). Dans le juridique, seuls 15 % des tribunaux offrent un portail numérique complet (Min. de la Justice, 2024). Compréhensible… mais qui paie la facture en productivité ?

👉 Constat : C’est après avoir discuté avec des propriétaires d’entreprises (notaires, avocats, huissiers et cliniques médicales) qu’on a réalisé que ces secteurs d’activités vont avoir plus de difficulté à se moderniser avec l’IA, et ce, simplement parce qu’ils sont régis par des politiques et règlements gouvernementaux. Par contre, on a identifié des pistes de solutions intéressantes pour le milieu médical, surtout au niveau administratif.

2. La productivité se redéfinit

Ce n’est plus une question de taille d’équipe. La productivité d’une organisation passe par l’agilité de ses systèmes. Point.

Un des constats qu’on a faits : la plupart des systèmes qu’on a analysés (ERP) génèrent plus de frustration que de résultats.

Clique ici, ouvre une page là-bas, mets à jour le tableau Excel en lien avec les indicateurs de performance… Tout ça mène à une perte de temps et de productivité.

Aujourd’hui, avec la technologie (IA et automatisation bien structurées), une PME de 50 employés peut performer comme si elle en avait 65-70… sans recruter.

👉 Mais seulement si ces systèmes sont actualisés et vraiment alignés sur les besoins opérationnels de l’entreprise.

3. Tout le monde connaît ChatGPT, mais peu utilisent I’IA

Que ce soit ChatGPT, Copilot, Gemini et j’en passe… on a réalisé qu’il y avait deux grands défis quand vient le temps d’utiliser l’IA générative (je vous explique plus bas).

Premier défi : savoir communiquer avec ces outils.
Prenons ChatGPT : pour obtenir un bon résultat, il faut maîtriser l’art du prompt. La plupart des dirigeants n’ont pas encore ces réflexes, mais dès qu’ils les appliquent, la différence est frappante — c’est littéralement le jour et la nuit.

Deuxième défi : l’IA ne se limite pas à ces outils génériques. Le vrai ROI vient quand on les combine avec vos données internes. Imaginez un ChatGPT qui connaît vos opérations, vos processus, vos employés et leur rôle. Quand vous lui posez une question, la réponse reflète exactement votre réalité d’entreprise.

👉 68 % des dirigeants ont testé ChatGPT (BDC, 2024)… mais seulement 15 % l’ont intégré dans leurs processus.

Bref, la problématique n’est pas l’outil, mais la façon dont on interagit avec lui, et surtout la manière dont il est intégré dans un flux de travail.

4. Trop d’outils, pas assez de système

Une des réalités les plus frappantes qu’on a observées, c’est que plusieurs entreprises utilisent 7 ou 8 outils différents pour gérer leurs opérations. Détrompez-vous : ça fonctionne… mais jusqu’à quand, et à quel coût ?

  • Fichier Excel pour les feuilles de temps (un silo de données)

  • CRM pour gérer les ventes (un silo de données)

  • Application pour gérer les soumissions (un silo de données)

Vous voyez où je veux en venir. Tout est là, mais dans la plupart des cas, moins de 30 % de ces outils sont intégrés entre eux. Résultat : perte de temps, doublons, erreurs.

👉 Le problème n’est pas le nombre d’outils, mais le manque de cohérence du système.

5. L’expérience utilisateur est devenue critique

Ce constat-là est probablement mon préféré, parce que, pour être moi-même un fervent amateur de l’expérience utilisateur — que ce soit quand je télécharge une application ou que je navigue sur un site web — je comprends parfaitement l’importance de vivre une vraie expérience lorsqu’il s’agit d’un logiciel qui opère ton entreprise.

Prenons un exemple simple : certains préfèrent QuickBooks à Sage. Les fonctionnalités sont similaires, le résultat final aussi… mais l’expérience utilisateur n’a rien à voir.

👉 Et ça devrait être exactement la même chose pour les ERP.

Sachant que ton équipe (et toi aussi) allez passer une bonne partie de vos journées à travailler dans ce logiciel, il faut s’assurer qu’il soit agréable, clair, simple et surtout… pas compliqué.

La majorité des logiciels qu’on a analysés n’offrent pas le niveau d’UX qui, aujourd’hui, peut facilement être atteint grâce à la technologie.

Les dirigeants d’aujourd’hui ne veulent plus de casse-tête : ils veulent une expérience de travail fluide, intuitive et sans perte de temps.

6. Les dirigeants restent le système nerveux central

Le dernier constat, et non le moindre…

Si les employés sont le cœur d’une organisation, les fondateurs en sont la tête.

Les détails, les réflexions, la stratégie, l’expertise — bref, tout ce qui permet à l’entreprise de croître — sort de la tête du fondateur. Mais cela signifie aussi que, si l’entreprise n’est pas modernisée (avec l’IA, par exemple), c’est souvent le propriétaire qu’on appelle pour une question, qu’on sollicite pour valider un prix, ou qu’on consulte pour chaque exception.

👉 Chaque décision, chaque ajustement, chaque nuance passe encore par eux.

Avec l’IA, il devient possible de transformer cette expertise en intelligence opérationnelle systémique.


Autrement dit : prendre l’intelligence d’une personne et la paramétrer pour qu’elle soit reproduite… pas à 100 %, mais facilement à 70-75 %.

Et c’est exactement là qu’on est rendus.

C’est maintenant le bon moment de créer votre propre intelligence opérationnelle et de revenir à la base du pourquoi vous vous êtes lancé en affaires : être sur votre X, rester motivé et faire ce que vous aimez vraiment faire.

Notre lecture : où va le marché

Pour cette partie, j’ai décidé de la reporter à la semaine prochaine parce qu’encore aujourd’hui, beaucoup de choses se sont passées dans le milieu de la technologie — et plus particulièrement dans celui de l’intelligence artificielle.

J’ai réalisé que ce sujet mérite que j’y consacre encore plus d’attention afin de vous partager une réflexion juste, précise et surtout alignée avec votre réalité.

Sur ce, on se retrouve la semaine prochaine.

J’espère que vous avez apprécié la lecture !

Cheers,
Marcan

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