Réflexion 2025 : Quand l’IA nous force à ralentir pour mieux penser

Une année pour comprendre ce que l’IA révèle vraiment des organisations, et pourquoi la maturité primera désormais sur la vitesse.

📌 TL;DR

  1. 2025 a été une année intense. Beaucoup de vitesse, beaucoup de bruit… et beaucoup de prises de conscience pour les dirigeants.

  2. L’IA n’a pas tant simplifié les organisations qu’elle a révélé leurs zones floues, leurs limites et leurs vrais leviers.

  3. Les entreprises qui avancent ne sont pas celles qui ajoutent des outils, mais celles qui prennent le temps de structurer, former et clarifier.

  4. 2026 ne sera pas une course à l’IA. Ce sera une année de choix organisationnels, de maturité et de leadership.

Introduction éditoriale : Quand on arrête de courir, on commence à comprendre

Bonjour à tous,

J’espère sincèrement que vous allez bien et que, comme nous, vous vous permettez de vous féliciter pour l’année que vous venez de passer.

Non mais, faut le mentionner : cette année fut forte en émotions et en réflexions, plus que les précédentes, je trouve. Et sans se le cacher, on sait tous pourquoi.

J’ai donc décidé, au lieu de rédiger une infolettre sur un concept précis en lien avec l’IA, de me concentrer sur mes réflexions de l’année 2025 et de vous offrir ma perspective pour l’année 2026.

La fin d’année agit toujours comme un révélateur. C’est l’un des rares moments où le bruit baisse un peu, où l’urgence laisse place aux questions importantes, où l’on prend enfin le temps de regarder ce qui vient réellement de se passer. Et en 2025, il y avait beaucoup de choses à observer.

Ce n’est pas une année qui a manqué d’action dans le monde des affaires.

Annonces spectaculaires, nouveaux outils chaque semaine, promesses d’efficacité immédiate.

L’intelligence artificielle a occupé l’espace médiatique, stratégique et émotionnel comme peu de technologies avant elle. Mais sur le terrain, le récit était plus nuancé, disons.

On a vu des dirigeants fatigués, parfois sceptiques. Des équipes curieuses, mais surchargées. Des organisations prises entre deux peurs bien réelles : celle de rater le virage… et celle de se tromper de direction.

Et pour être honnête, chez Quartier, on n’y a pas échappé.

Ne vous en faites pas, pas de monologue aujourd’hui.

Juste un moment d’honnêteté.

Parce qu’en 2025, tout est allé plus vite pour nous aussi, mais on a gardé le rythme.

Il y a encore quelques années, le tempo était différent. On pouvait réfléchir plus longtemps, tester plus lentement, observer avant de décider. Depuis l’arrivée massive de l’IA, quelque chose a changé.

Ce n’est pas seulement que tout va plus vite. C’est que tout va beaucoup plus vite, en continu.

Les cycles se compressent, les décisions s’empilent, les occasions apparaissent et disparaissent presque aussitôt. Et avec cette accélération, un nouveau poids s’est installé sur les épaules des dirigeants : celui de devoir comprendre pendant que tout avance déjà. Ce n’est plus seulement une question d’adoption technologique. C’est une question de rythme, de charge mentale et de lucidité sous pression.

Retour sur 2025 : Une année de pivots, mais surtout de réalignement

Si je devais résumer notre année en deux mots, ce serait ajustement et opportunité.

On est partis avec l’intention de déployer de l’IA là où elle pouvait créer de la valeur rapidement.

Tester, itérer, avancer.

Puis la réalité opérationnelle s’est imposée.

Le problème n’était pas la technologie. Il était dans tout ce qui n’était pas suffisamment explicite autour : des processus qui vivaient dans la tête de quelques personnes (ça vous rappelle quelque chose ?), des décisions prises par habitude plutôt que par design, des systèmes qui tenaient… jusqu’au moment où on leur demandait de devenir cohérents, traçables, explicables.

C’est ce genre de constat qui a mené à un pivot structurant : passer d’outils ponctuels à bâtir une technologie plus souveraine, plus structurante, qui apporterait davantage de valeur aux PME canadiennes, c’est-à-dire un ERP agentique, pensé comme une véritable colonne vertébrale opérationnelle pour les entreprises. (j’ai d'ailleurs rédigé une infolettre sur ce qu’est un ERP agentique)

Parce que l’un des plus gros constats qu’on a faits, c’est que tout le monde veut optimiser ses opérations avec l’IA, mais peu peuvent réellement le faire, faute de systèmes désuets, d’un manque de centralisation des données et de numérisation (encore papier-crayon).

Comme toute entreprise, on se devait de réagir et de s’améliorer. Pas nécessairement par ambition technologique, mais par nécessité stratégique.

On parlera davantage du « comment » et du « avec qui » dès le mois de février, mais 2025 nous a surtout rappelé une vérité inconfortable : l’IA ne s’ajoute pas à une organisation.

Elle l’expose.

L’IA sur le terrain : Ce qu’on voit quand le “buzz” retombe

Cette année, dans le discours public, l’IA est souvent présentée comme un accélérateur universel. Sur le terrain, elle agit surtout comme un révélateur organisationnel.

Elle met en lumière ce qui est bien structuré, ce qui repose sur des raccourcis et ce qui dépend encore trop de la mémoire ou de l’intuition de quelques personnes clés.

Beaucoup d’entreprises nous ont dit vouloir « implanter de l’IA ». Peu étaient réellement prêtes à répondre à la question la plus simple, et la plus inconfortable : qu’est-ce que vous voulez améliorer, décider ou éliminer concrètement ?

Quand l’IA fonctionne, elle ne fait pas de bruit. Elle enlève une friction. Elle clarifie une décision. Elle supprime une tâche inutile. C’est précisément à ce moment-là qu’elle cesse d’être un gadget pour devenir ce qu’elle devrait toujours être : un collègue numérique, encadré, supervisé et intégré au quotidien.

L’écart qui se creuse

En 2025, un fossé s’est creusé. Pas entre les entreprises qui utilisent l’IA et celles qui ne l’utilisent pas, mais entre celles qui cherchent à comprendre et celles qui cherchent à aller vite.

C’est vraiment important de comprendre qu’ajouter un outil parce qu’on pense que ça va nous aider n’est pas la bonne stratégie.

La bonne stratégie, c’est plutôt de :

  • cartographier les processus répétitifs et manuels ;

  • identifier les irritants mesurables (heures, coûts, erreurs) ;

  • associer un modèle ou un système (IA) qui va régler cet irritant ;

  • déployer ;

  • mesurer.

Les PME qui avancent réellement ne sont pas celles qui testent le plus d’outils. Ce sont celles qui ont pris le temps de clarifier un ou deux cas d’usage critiques, de nommer un responsable interne crédible et d’accepter une phase d’apprentissage imparfaite. L’IA ne récompense pas l’agitation. Elle récompense la cohérence.

Se préparer pour 2026 : Le vrai travail commence maintenant

Si 2025 a été une année d’observation et d’expérimentation, 2026 devra être une année de choix assumés.

Pas des choix technologiques.

Des choix organisationnels.

Parce que l’IA ne s’intègre pas toute seule. Elle demande du leadership, de la discipline et, surtout, une intention claire. Voici, selon nous, le minimum vital pour que vous puissiez réellement bénéficier de la technologie en 2026 :

1. Nommer un champion de l’IA.

Toutes les entreprises qui avancent sérieusement ont un point commun : quelqu’un porte réellement le sujet. Pas à temps plein et pas nécessairement un profil technique, mais une personne crédible et curieuse, capable de faire le lien entre les opérations, la direction et la technologie. Sans champion, l’IA reste un sujet diffus.

2. S’éduquer pour comprendre où se cache le vrai ROI

Le principal frein n’est pas la résistance, mais l’approximation. On parle d’IA sans bien comprendre ce qu’elle peut automatiser, améliorer ou aider à décider, ce qui mène à des attentes floues et à des déceptions rapides. S’éduquer ne veut pas dire devenir expert, mais comprendre suffisamment pour poser les bonnes questions et cibler les bons cas d’usage. L’IA crée de la valeur lorsqu’elle est alignée sur un problème réel, pas lorsqu’elle est déployée par réflexe.

3. Investir sérieusement dans la formation interne

C’est l’un des leviers les plus sous-estimés. Les entreprises qui prendront une longueur d’avance en 2026 ne seront pas celles qui auront acheté le plus de technologies, mais celles qui auront fait monter leurs équipes en compétence. Commencer avec des outils déjà intégrés au quotidien, comme Copilot, Gemini ou ChatGPT, est souvent le meilleur point d’entrée : peu de friction, adoption rapide et gains visibles. La formation interne n’est pas une dépense. C’est un actif organisationnel.

Les entreprises qui investissent autant dans la formation que dans la technologie obtiennent jusqu’à 2,2 fois plus de ROI sur leurs initiatives IA.

Accenture — “Reinventing Enterprise Operations with Generative AI”

4. Curieux, réceptif, prudent… et proactif

L’IA exige un équilibre rare. Être curieux pour explorer ce qui est possible, réceptif pour écouter le terrain et les équipes, prudent parce que tout ne doit pas être automatisé, et proactif parce que l’attentisme coûte souvent plus cher qu’une erreur bien encadrée. Les dirigeants qui réussiront en 2026 ne seront ni naïfs ni paralysés. Ils seront lucides, intentionnels et engagés.

Mon opinion stratégique : 2026 sera une année de maturité, pas de hype

Si 2025 a été l’année de l’expérimentation, 2026 sera celle de la maturité organisationnelle.

Les entreprises qui tireront leur épingle du jeu ne seront pas celles qui parlent le plus d’IA, mais celles qui auront investi dans la compréhension, formé leurs équipes et intégré l’IA dans leurs décisions réelles, pas dans leurs présentations. Ce ne sera plus un luxe. Ce sera le seuil d’entrée.

Ce que je retiens personnellement de 2025

2025 m’a rappelé une chose essentielle : la technologie n’est jamais le vrai sujet. Le vrai sujet, c’est la capacité d’une organisation à se poser les bonnes questions, au bon moment, avec les bonnes personnes. L’IA ne transforme pas une entreprise. Elle amplifie ce qu’elle est déjà.

À l’aube de 2026, mon souhait n’est pas que vous alliez plus vite.
C’est que vous alliez plus stratégique.

Pour terminer l’année sur quelque chose de concret, on vous offre un petit cadeau de la part de l’équipe : un guide pratique pour mieux communiquer avec l’IA, afin de passer de l’expérimentation à des usages réellement utiles, dès le début de 2026.

[Guide] Quartier AI - Prompt engineeringSavoir communiquer avec l’intelligence artificielle.3.66 MB • PDF Fichier

On se revoit en janvier !

Cheers,

Marcan :)

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